La double culture et l’acceptation de soi

Hello !

J’ai commencé cet article car je voulais parler du couple mixte, et en fait, j’ai tellement dévié dans mes propos que je vous parlais surtout de ma double culture plus que du couple mixte et de ce qui en découle. J’ai donc décidé d’en faire un article à part entière.

C’est un article assez difficile à faire, car je me livre quand même beaucoup. Dans le titre, je parle de culture et d’acceptation de soi. A mes yeux les deux sont liés : combien de fois je me suis sentie totalement en décalage entre la vision du monde et des personnes autour et la mienne.

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La culture est innée à chacun, elle s’acquiert grâce aux parents, à l’entourage et au mode de vie du pays dans lequel on est né, ou dans lequel on vit depuis un grand nombre d’année.

Par exemple, le doudou a une culture bien occidentale, né en France, vécu en France. Très ouvert sur le monde grâce à sa famille et sa propre expatriation à la Réunion ou son ouverture d’esprit en général, mais il en reste pas moins de culture française.

Moi, j’ai une double culture : française et congolaise.

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Mes parents sont bien intégrés. C’est bizarre comme terme, je ne l’aime pas du tout. En France, la définition de quelqu’un d’étranger « bien intégré » c’est une personne qui parle français, travaille en France, paye ses impôts et surtout ne fait pas de vague.  Si l’on va dans ce sens, alors oui mes parents sont comme n’importe quel français. Mais leur vie, c’est le Congo. Combien de fois je les ai entendu dire « notre retraite, on la passera là-bas ». Normal, leur pays n’est pas la France, ils y vivent point, comme n’importe quel expatrié. Je fais un parallèle avec ma future expatriation, malgré toutes les années que je pourrais passer au Canada, et même si je décide d’y vivre définitivement, mon pays sera toujours la France.

En ce qui me concerne, tout n’est pas aussi tranché. Oui je suis française, je suis née en France, mais je suis aussi congolaise, même si pour ce dernier point, il me manque la nationalité. Si la République Démocratique du Congo (aka R.D.C) acceptait la double nationalité, cela fait bien longtemps que je l’aurais demandée.

La double culture : ce sentiment d’être tiraillée entre deux cultures

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La culture française et la culture congolaise : elle n’ont absolument rien en commun, un énorme fossé les sépare. Elles sont tellement différentes que je me suis toujours sentie  tiraillée entre les deux. Même aujourd’hui, il est parfois difficile d’associer les deux dans ma vie de jeune adulte, même si dans la vie de tous les jours, c’est pas une question qui m’obsède.

Petit exemple parlant, la problématique de la dot. Chose qui n’existe plus depuis belle lurette dans la culture française, elle est toujours très présente dans la culture congolaise.

Cette double culture, je ne l’ai pas réellement sentie durant mon enfance et adolescence. J’étais totalement française, pas intéressée par le culture congolaise. Je menais ma petite vie insouciante : lycée puis faculté, avoir un diplôme, un travail plus tard…

En fait, le jour, je me comportais comme la petite française modèle pour ne pas m’éloigner des « standards », pour rentrer dans le moule comme on dit, et le soir, je rentrais à la maison et le masque tombait car chez moi mes parents parlent lingala quasiment tout le temps, ça parle fort, il y a la musique congolaise, constamment une tantine, un tonton ou un cousin qui passe, les 20000 plats sur la table (comme si un régiment été attendu au dîner), et j’en passe…

J’ai vraiment eu envie de reconnecter avec mes origines lorsque je suis rentrée à Bordeaux après mes études, avec le doudou pour le coup. Le fait de devoir le présenter aux parents, penser à comment le faire et surtout à quel moment le faire.

Voilà pourquoi, par respect pour le papa chéri, on ne présente pas son doudou dès les premiers jours (ou même les premières années dans mon cas), car c’est irrespectueux de présenter tous tes copains de passage à ta famille. Voilà pourquoi j’en ai présenté qu’un seul, au bout de 5 ans de relation.

Il y a tout un panel de choses à faire ou ne pas faire chez moi, et le respect envers les parents est primordial.

Le poids de la famille est très important, et le poids de la culture peut être parfois pesant. Attention!!! Généralisation extrême dans les lignes qui vont suivre (il y a toujours des exceptions) : les parents congolais sont beaucoup plus stricts, et moins permissifs j’ai l’impression.

Ils partent avec énormément de préjugés sur les familles blanches. Par exemple, au Congo, cela ne se fait pas d’aller dormir chez une copine. Autant vous dire que c’est compliqué d’expliquer ça à une petite fille qui veut juste dormir chez sa camarade de classe. Pour ça, mes parents ont été intransigeants. Ils sont d’autant plus stricts avec les aînés, qui sont l’exemple de la famille.

Reconnecter avec ses origines

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J’ai commencé mon parcours par la lecture. Mon chéri a trouvé ce livre à la Fnac, et j’ai beaucoup aimé (bien que très gros, 700 pages écrites en tout petit). L’histoire est excellemment bien narrée par le journaliste/auteur David Van Reybrouck qui retrace 90 000 ans d’histoire du Congo, de la préhistoire jusqu’aux débuts des années 2000, autant vous dire qu’il est complet !

Mon retour aux sources se fait également au travers de la mode et de la beauté. Je suis beaucoup plus attirée par un vêtement en wax bien de chez nous, ou les foulard à porter sur la tête (et le tenir toute la journée). D’ailleurs, ma dernière robe a été faite totalement à partir de ce tissu par une couturière sur Bordeaux, et j’attends avec impatience qu’elle reçoive de nouveaux tissus pour faire des jupes et des hauts.

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Côté beauté, j’essaye de choisir des produits naturels, souvent à base d’huile de coco ou de karité made in africa. J’affectionne particulièrement les marques commercialisées par des entrepreneurs africains ou d’origine africaine, à destination des personnes de couleur. Par exemple, la marque Ino’ya dont j’avais fait un article (que vous pouvez retrouver ici ), la gamme de maquillage Iman (une histoire d’amour qui dure depuis longtemps, cela a été mes premiers produits make-up). En parlant de ça, le site Paraethnik est une vraie mine d’or. C’est la première pharmacie africaine en ligne qui propose des produits de beauté et des produits capillaires.

Au final, dans chaque culture il y a du bon et du moins bon, à moi de choisir ce que je peux en tirer des deux afin de l’inculquer (un jour, qui sait?) à mes enfants.  Je vois le monde différemment, toujours de deux points de vue, je suis peut être plus compréhensive, j’ai sans doute moins d’idées tranchées. Le plus difficile est d’allier les deux, même si, quand on y pense, c’est une richesse.

Et vous, quel est votre avis sur la question ?

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Pleins de bisous doux

 

12 commentaires sur « La double culture et l’acceptation de soi »

  1. Coucou ! J’ai adoré cet article. Mon papa est Cap verdien et ma mère Française.
    Je me rend compte du haut de mes 26 ans que je regrette que mon papa ne m’est pas plus initié à la culture Cap-verdienne quand j’étais petite. Je pense que c’est du fait qu’il était marié à ma mère, et que du coup il s’est accommodé à la culture française. Heureusement, les visites chez les oncles et tantes nous permettaient de voir un peu quel était l’état d’esprit de la culture cap-verdienne, d’ailleurs on adoré ça avec ma petite soeur ! Cet esprit de communauté, les gros repas à s’exploser le ventre, le partage, la musique africaine… Aujourd’hui, j’ai envie de découvrir tout cela, j’envisage même de m’installer un de ces jours dans les jolies îles du Cap-vert. à bientôt ma belle ❤

    Aimé par 1 personne

    1. Coucou !!! Il n’est jamais trop tard tant que tu as soif d’apprendre ! C’est super cool que tu es déjà un pied à terre là-bas et de la famille, l’intégration est beaucoup plus facile. N’hésite pas à t’y installer le Cap Vert il paraît que c’est juste magnifique tu as de la chance 🍀 pleins de bisous ma belle 💕

      Aimé par 1 personne

  2. Hey!! Je suis aussi congolaise(mais Brazza) et aussi de Bordeaux haha, et je vois, et suis totalement d’accord avec tes points. C’est difficile en grandissant en France, je trouve, d’assumer cette double culture sans passer par un moment « à vide », j’ai vraiment adoré ton article 💙

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    1. Coucou ! Merci beaucoup pour ton retour ! En grandissant on comprend oui que c’est une grande richesse que l’on pourra partager à nos enfants. Bisous 🙂

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